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RAID 10 : structure, fonctionnement et avantages

Dernière mise à jour
27. juil. 2026

Le RAID 10 combine performance et sécurité des données. Il est conçu pour les environnements où l’accès rapide aux données est aussi important que leur protection.

Il repose sur l’association du mirroring (duplication des données) et du striping (répartition des données), offrant ainsi à la fois rapidité et tolérance aux pannes.

Dans ce guide, vous verrez comment fonctionne le RAID 10, ses exigences techniques, ainsi que ses principaux avantages et limites, afin de déterminer s’il est adapté à vos besoins.

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L'essentiel à retenir
  • Le RAID 10 est une solution de stockage qui protège efficacement contre la perte de données en cas de panne de disque. Il associe la rapidité du RAID 0 à la redondance du RAID 1.

  • En cas de défaillance matérielle, les données sont automatiquement reconstruites à partir des disques miroir, sans dégradation notable des performances.

  • Le principal compromis concerne la capacité : la moitié de l’espace total est utilisée pour la redondance, ce qui réduit d’autant l’espace disponible.

  • Le RAID 10 impose au minimum quatre disques et fonctionne par paires, car chaque volume est dupliqué pour assurer la tolérance de panne.

  • Face au RAID 5, il se montre plus rapide et plus résilient, mais nettement moins efficace en termes de capacité de stockage.

Qu'est-ce que le RAID 10 ?

Un RAID — acronyme de Redundant Array of Independent Disks — est une méthode d’organisation du stockage qui consiste à regrouper plusieurs disques durs en un seul volume logique. L’objectif peut être d’améliorer les performances, la sécurité des données, ou les deux simultanément.

Selon le niveau de RAID utilisé, les données peuvent être réparties entre les disques, dupliquées ou accompagnées de mécanismes de redondance permettant de compenser une défaillance matérielle. Chaque niveau (RAID 0, RAID 1, RAID 5, etc.) répond ainsi à des besoins spécifiques.

Le RAID 10 combine deux approches complémentaires : le striping du RAID 0, pour la performance, et le mirroring du RAID 1, pour la redondance. Il est particulièrement adapté aux environnements exigeants comme les serveurs, les bases de données ou les systèmes critiques, où la rapidité d’accès et la haute disponibilité sont essentielles.

Le RAID 10 fonctionne en dupliquant l’ensemble des données. Par conséquent, seule la moitié de la capacité totale est exploitable.

Par exemple, avec quatre disques de 2 To, la capacité brute s’élève à 8 To, mais la capacité utile est limitée à 4 To. L’espace restant est entièrement consacré à la mise en miroir des données.

Dans un RAID 10, les disques sont organisés par paires en miroir : chaque disque est une copie exacte de son homologue. En cas de panne de l’un, l’autre continue d’assurer le service sans interruption.

Ces paires sont ensuite utilisées ensemble dans une couche de striping, où les données sont réparties par blocs entre les différents ensembles de disques.

Cette combinaison permet d’obtenir un stockage à la fois performant, grâce à la répartition des accès, et hautement résilient, grâce à la redondance des données.

Comment fonctionne le RAID 10 ?

La structure du RAID 10 repose sur un principe simple : des paires en miroir (RAID 1) sont d’abord constituées, puis ces ensembles sont regroupés et soumis à un striping (RAID 0) :

Quatre disques durs forment deux paires miroir RAID 1.

Un RAID 10 classique repose généralement sur quatre disques et se construit en deux étapes :

  • 1.

    Mise en miroir (RAID 1) :

    • Les disques 1 et 2 forment une première paire en miroir.

    • Les disques 3 et 4 constituent une seconde paire identique

    • Chaque paire stocke donc les mêmes données.

  • 2.

    Striping (RAID 0) :

    • Les données sont ensuite réparties par blocs entre ces deux paires en miroir.

    • Le système lit et écrit en parallèle sur les différentes paires, ce qui améliore nettement les performances en lecture comme en écriture.

RAID 10 avec six disques durs

Un RAID 10 composé de six disques applique le même principe, mais à plus grande échelle.

  • Trois paires en miroir sont d’abord constituées : (1+2), (3+4) et (5+6). Chaque paire stocke exactement les mêmes données.

  • Ces trois ensembles sont ensuite regroupés dans une couche de striping (RAID 0).

  • Les blocs de données sont répartis sur les trois paires.

Avec davantage de paires, la charge d’I/O est mieux distribuée, ce qui permet généralement d’améliorer les performances globales, notamment en lecture et en écriture parallèles.

Le compromis reste identique : la capacité utile représente toujours 50 % du total, puisque chaque donnée est systématiquement dupliquée pour assurer la redondance.

Exemple pratique : RAID 10 avec six disques durs

Prenons le cas d’un cabinet d’architecture travaillant quotidiennement sur de lourds fichiers de CAO. Ces fichiers sont fréquemment ouverts, modifiés, enregistrés et consultés, parfois simultanément par plusieurs utilisateurs.

Avec un RAID 10 composé de six disques, les opérations de lecture et d’écriture sont réparties en parallèle sur plusieurs paires en miroir. Cela permet de maintenir des performances élevées, même en cas de forte sollicitation.

En cas de panne d’un disque, l’activité continue sans interruption : les données restent accessibles grâce à la copie miroir. La reconstruction du disque défaillant s’effectue ensuite en arrière-plan, sans impact significatif sur les performances globales du système.

RAID 10 : un avantage décisif lors de la reconstruction

Lorsqu’un disque tombe en panne dans une grappe RAID 10, seule la paire en miroir concernée est impactée. La reconstruction (rebuild) se limite donc à la copie des données depuis le disque survivant de cette paire, tandis que le reste de la grappe continue de fonctionner normalement.

À l’inverse, un RAID 5 ou un RAID 6 doit reconstruire les données à partir de la parité en sollicitant l’ensemble des disques restants. Ce processus est généralement plus long et exerce une charge importante sur toute la grappe, ce qui peut dégrader les performances pendant plusieurs heures.

Le RAID 10 se distingue ainsi par des reconstructions plus rapides et moins pénalisantes, permettant un retour plus rapide à un fonctionnement optimal du système.

Récupération de données en RAID 10

Même un RAID 10 n’est pas à l’abri d’une défaillance, notamment si les deux disques d’une même paire en miroir tombent en panne simultanément, ou en cas d’erreur de configuration. Dans ces cas, une récupération des données reste envisageable, mais elle est techniquement complexe.

Des spécialistes en récupération de données doivent alors analyser la structure du RAID afin de reconstituer les informations à partir des blocs encore présents sur les disques fonctionnels. En pratique, la récupération n’est possible que si au moins un disque de chaque paire miroir est encore opérationnel.

En cas de suspicion de perte de données, il est essentiel de ne pas intervenir soi-même sur le système. Toute écriture supplémentaire peut écraser des données encore récupérables et réduire fortement, voire annuler, les chances de restauration.

Avantages & inconvénients du RAID 10

Le RAID 10 offre un excellent compromis entre performances et sécurité des données, mais ces avantages s’accompagnent de plusieurs contraintes importantes.

  • Performances élevées en lecture et en écriture
    En lecture, les données peuvent être lues simultanément sur les disques d’une même paire miroir, ce qui améliore significativement les temps de réponse. Les écritures restent également rapides, car le RAID 10 ne repose pas sur des calculs de parité, contrairement aux RAID 5 ou 6.

  • Haute tolérance aux pannes
    Le système peut supporter la défaillance de plusieurs disques, à condition qu’ils n’appartiennent pas à la même paire miroir. Chaque paire restant indépendante, les données restent accessibles tant qu’au moins un disque par paire est opérationnel.

  • Reconstruction rapide en cas de panne
    Lors du remplacement d’un disque, seule sa paire miroir est concernée. La reconstruction s’effectue par simple copie des données depuis le disque encore fonctionnel, ce qui limite fortement la durée et l’impact sur les performances, contrairement aux RAID à parité.

  • Simplicité de conception et d’exploitation
    Le RAID 10 repose sur des mécanismes simples (striping + mirroring), ce qui facilite sa compréhension, sa mise en œuvre et son diagnostic en environnement de production.

  • Risque réduit pendant la reconstruction
    La reconstruction étant limitée à une seule paire, la charge globale reste modérée. Cela réduit le risque de défaillance supplémentaire pendant cette phase critique.

  • Capacité utile réduite
    Le principal inconvénient reste l’efficacité de stockage : le RAID 10 ne conserve que 50 % de la capacité brute. Par exemple, six disques de 2 To offrent 12 To bruts, mais seulement 6 To réellement exploitables.

  • Coût matériel plus élevé
    Atteindre une capacité donnée nécessite deux fois plus de disques que des solutions comme le RAID 0 ou le RAID 5, ce qui augmente les coûts d’infrastructure et les besoins en espace physique.

  • Dépendance à la configuration des paires
    La tolérance aux pannes dépend directement de la répartition des disques. La perte simultanée des deux disques d’une même paire entraîne la perte des données associées, par exemple en cas de défaut matériel ou électrique ciblé.

  • Scalabilité coûteuse en capacité
    Ajouter des disques augmente la performance et la redondance, mais pas l’efficacité de stockage. Dans les grandes architectures, le surcoût en capacité inutilisée peut devenir significatif par rapport aux RAID à parité.

  • Le RAID ne remplace pas une sauvegarde
    Enfin, comme tout niveau RAID, le RAID 10 ne protège pas contre les erreurs humaines, les corruptions logicielles ou les attaques par ransomware. Les données étant répliquées automatiquement, une suppression ou une corruption est également dupliquée. Une stratégie de sauvegarde indépendante reste donc indispensable.

Cas d'usage courants du RAID 10

Le RAID 10 excelle partout où les systèmes informatiques doivent être à la fois rapides et résistants aux pannes. Il est ainsi largement utilisé dans les infrastructures professionnelles exigeantes.

  • Serveurs de bases de données
    Les bases de données comme MySQL, PostgreSQL ou Microsoft SQL Server génèrent de nombreuses opérations de lecture et d’écriture aléatoires. Le RAID 10 est bien adapté à ce type de charge grâce à sa combinaison de performance et de redondance.

    Exemple : une plateforme e-commerce interroge en continu ses bases de données pour gérer les produits, les clients et les commandes. Le RAID 10 garantit une forte réactivité tout en limitant le risque de perte de transactions en cas de panne disque.

  • Environnements de virtualisation
    Les solutions comme VMware ESXi ou Microsoft Hyper-V exécutent plusieurs machines virtuelles simultanément, chacune générant ses propres accès disque. Le RAID 10 permet de répartir efficacement cette charge tout en assurant la continuité de service.

    Exemple : une PME héberge plusieurs VM (messagerie, ERP, CRM, outils internes) sur un même serveur physique. Le RAID 10 assure des performances stables malgré la concurrence des accès disque.

  • Serveurs de fichiers et de messagerie
    Ces systèmes sont sollicités en permanence par de nombreux utilisateurs. Ils nécessitent à la fois des performances constantes et une forte résilience aux pannes. Le RAID 10 répond bien à ces exigences.

    Exemple : une agence de 30 personnes centralise ses documents sur un serveur de fichiers. Même en cas de défaillance d’un disque, l’accès aux données reste immédiat.

  • Production multimédia et CAO
    Les environnements de création manipulent de gros fichiers (vidéo, audio, modélisation 3D, plans CAO), avec des besoins importants en débit et en stabilité. Le RAID 10 permet de soutenir ces charges sans compromettre la sécurité des données.

    Exemple : dans un cabinet d’architecture, plusieurs designers travaillent simultanément sur des fichiers CAO volumineux. Le RAID 10 garantit des performances élevées et limite les interruptions liées aux pannes disque.

  • Systèmes financiers et de trading
    Dans les environnements financiers, la latence et la disponibilité sont critiques. Le RAID 10 est souvent privilégié car il offre des écritures rapides sans surcharge liée à la parité.

    Exemple : une société de trading exécute des centaines d’opérations par seconde en période de forte activité. Le RAID 10 permet de maintenir des performances constantes et une haute disponibilité.

Configuration du RAID 10

Vous pouvez configurer un RAID 10 de deux manières : via un contrôleur RAID dédié (RAID matériel) ou directement dans le système d'exploitation (RAID logiciel). Ces deux approches diffèrent nettement en termes de coût, de performance et de flexibilité :

1.

RAID matériel

Avec le RAID matériel, la gestion de la grappe est assurée par un contrôleur dédié. Il peut s’agir d’une carte PCIe installée dans le serveur ou d’un contrôleur intégré à la carte mère. Pour le système d’exploitation, l’ensemble est vu comme un seul disque logique.

  • Allègement de la charge CPU
    Les opérations RAID sont prises en charge directement par le contrôleur, ce qui libère le processeur principal. Cela est particulièrement utile sur des serveurs fortement sollicités, où les accès disque sont nombreux et concurrents.

  • Cache dédié avec batterie de secours (BBU)
    Les contrôleurs haut de gamme disposent d’une mémoire cache intégrée, souvent protégée par une batterie (ou supercondensateur). En cas de coupure de courant, les données en cours d’écriture sont conservées, ce qui limite fortement le risque de corruption.

  • Remplacement à chaud (hot swap)
    Les disques peuvent être remplacés sans arrêt du système. Cette fonctionnalité est essentielle en production, car elle permet de maintenir la disponibilité du service pendant la maintenance.

  • Indépendance vis-à-vis du système d'exploitation
    Le RAID est géré au niveau matériel, ce qui le rend indépendant du système d'exploitation. La configuration reste généralement intacte en cas de réinstallation ou de changement de système.

  • Coût élevé
    Les contrôleurs RAID matériels professionnels peuvent représenter un investissement important, allant de quelques centaines à plus de mille euros selon les fonctionnalités (cache, BBU, ports, etc.).

  • Dépendance au fabricant
    En cas de panne du contrôleur, la récupération des données nécessite souvent un modèle strictement identique. Une incompatibilité peut compliquer, voire bloquer, la reconstruction de la grappe.

  • Flexibilité limitée
    La configuration et le suivi passent généralement par des outils propriétaires ou une interface BIOS spécifique. Cela peut rendre les opérations de migration, d’évolution ou de supervision moins souples.

2.

RAID logiciel

Avec le RAID logiciel, la gestion de la grappe est assurée directement par le système d’exploitation, sans nécessiter de matériel dédié. Sous Linux, on utilise par exemple mdadm, tandis que Windows propose cette fonctionnalité via les Espaces de stockage.

  • Coûts réduits
    Aucun contrôleur matériel n’est requis, ce qui permet de réduire significativement les coûts. Cette approche est particulièrement adaptée aux petits serveurs, aux stations de travail ou aux NAS personnels.

  • Flexibilité et portabilité
    La configuration est généralement plus souple et peut être transférée vers d’autres systèmes compatibles. Dans certains cas, les disques peuvent même être réutilisés individuellement, à condition de conserver une compatibilité logicielle.

  • Administration simplifiée
    Le RAID est entièrement géré depuis le système d’exploitation, avec des outils de supervision souvent clairs, incluant alertes et suivi de l’état des disques.

  • Charge sur le processeur
    Toutes les opérations RAID (calculs, synchronisation, reconstruction) sont prises en charge par le CPU. En cas de forte charge I/O, cela peut impacter les performances globales du système.

  • Absence de protection matérielle en cas de coupure
    Sans cache matériel protégé par batterie ou supercondensateur, une coupure de courant brutale peut entraîner une perte de données en cours d’écriture. L’utilisation d’un onduleur (UPS) est alors fortement recommandée.

  • Dépendance au système d'exploitation
    Le fonctionnement du RAID dépend étroitement du système d'exploitation et de sa configuration. Des mises à jour, changements de version ou problèmes de compatibilité peuvent entraîner des dysfonctionnements, voire compliquer la récupération de la grappe.

Logiciel ou matériel : que choisir ?

Voici un récapitulatif des principales différences entre le RAID matériel et le RAID logiciel :

Critère

RAID matériel

RAID logiciel

Coût

Élevé (nécessite un contrôleur dédié)

Faible (aucun matériel supplémentaire)

Performances sous forte charge

Très élevées grâce au matériel dédié

Bonnes, mais dépendantes du CPU et de la RAM

Protection contre les coupures de courant

Oui (avec BBU)

Non, sauf si couplé à un onduleur (UPS)

Flexibilité et portabilité

Plus limitée (souvent liée au fabricant)

Élevée (plus facilement transférable entre systèmes)

Installation et maintenance

Plus complexe, outils et interfaces spécifiques

Plus simple, gestion intégrée au système d’exploitation

Configurer un RAID 10 sous Windows

Sous Windows, vous pouvez créer un RAID 10 via la fonctionnalité intégrée Espaces de stockage. Elle permet de combiner plusieurs disques physiques en un seul volume logique, en assurant à la fois la mise en miroir et le striping. Cette configuration nécessite au minimum quatre disques durs non formatés.

Voici comment procéder :

Étape 1 : Ouvrez le Panneau de configuration, puis allez dans Système et sécurité > Espaces de stockage. Cliquez ensuite sur Créer un nouveau pool et espace de stockage.

Espaces de stockage sous Windows 11.

Étape 2 : Sélectionnez tous les disques que vous souhaitez intégrer au RAID, puis attribuez un nom au pool de stockage. Validez ensuite pour créer l’ensemble.

Étape 3 : Cliquez sur Créer un espace de stockage, puis choisissez le type de résilience Miroir double (équivalent d’un RAID 10 dans ce contexte).

Étape 4 : Définissez la taille du volume. Elle ne doit pas dépasser 50 % de la capacité totale disponible, puisque les données sont dupliquées. Choisissez également une lettre de lecteur, puis sélectionnez un système de fichiers (par exemple NTFS) avant de formater le volume.

Configurer un RAID 10 sous Linux

Sous Linux, la mise en place d’un RAID 10 se fait généralement avec l’outil mdadm, une solution robuste et largement utilisée pour la gestion de RAID logiciel. Cette configuration nécessite au minimum quatre disques durs vides.

Étape 1 : Sur les distributions Debian ou Ubuntu, commencez par installer le paquet mdadm via le terminal :

sudo apt install mdadm

Étape 2 : Définissez ensuite le nouveau périphérique RAID (par exemple /dev/md0), le niveau RAID 10, ainsi que les disques à utiliser. La commande suivante permet de créer la grappe :

sudo mdadm --create --verbose /dev/md0 --level=10 --raid-devices=4 /dev/sdb /dev/sdc /dev/sdd /dev/sde

Étape 3 : Assurez-vous d’adapter les noms des périphériques (/dev/sdX) à la configuration réelle de vos disques.

Une fois la grappe RAID créée, vous pouvez formater le volume avec un système de fichiers, par exemple EXT4 :

sudo mkfs.ext4 /dev/md0

Étape 4 : Commencez par créer un point de montage, c’est-à-dire un répertoire qui servira d’accès au volume RAID :

sudo mkdir -p /mnt

Vous pouvez ensuite monter le volume RAID sur ce répertoire :

sudo mount /dev/md0 /mnt/raid10

Étape 5 : Pour que le RAID soit monté automatiquement à chaque démarrage, commencez par récupérer l’identifiant unique (UUID) du volume :

sudo blkid /dev/md0

Étape 6 : Ajoutez cet UUID dans le fichier /etc/fstab, par exemple :

UUID=xxxx-xxxx /mnt/raid10 ext4 defaults 0 0

Étape 7 : Pour finir, enregistrez la configuration RAID de manière permanente afin que le système reconnaisse correctement la grappe :

sudo mdadm --detail --scan >> /etc/mdadm/mdadm.conf

4 erreurs fréquentes avec le RAID 10 et comment les éviter

Le RAID 10 est une solution robuste, mais il reste sensible aux erreurs de configuration, au manque de suivi et à une mauvaise conception de la grappe. Voici les pièges les plus fréquents à éviter.

  • 1.

    Utiliser un nombre impair de disques
    Le RAID 10 repose sur des paires en miroir. Il nécessite donc obligatoirement un nombre pair de disques. Les configurations valides commencent généralement à 4 disques, puis 6, 8, 10, etc.

  • 2.

    Utiliser des disques issus du même lot
    Acheter des disques identiques du même fabricant et du même lot peut sembler logique, mais cela augmente le risque de pannes simultanées en cas de défaut de série ou d’usure homogène. Il est préférable de diversifier les lots, voire les séries, au sein des paires.

  • 3.

    Négliger la surveillance de la grappe
    Un disque en panne ne provoque pas immédiatement une perte de données en RAID 10, mais il réduit fortement la redondance. Sans supervision active, une seconde panne peut devenir critique. Il est donc essentiel de mettre en place des alertes (e-mail, SMS), ainsi qu’un suivi régulier via SMART ou des outils de monitoring RAID.

  • 4.

    Mélanger des disques hétérogènes
    Le RAID 10 peut fonctionner avec des disques de tailles ou de performances différentes, mais la grappe est toujours limitée par le disque le plus lent ou le plus petit. Pour des performances optimales, il est recommandé d’utiliser des disques homogènes (même capacité, même vitesse, même modèle si possible).

Comparaison avec les autres niveaux RAID

Le RAID 10 n’est pas la seule méthode permettant de regrouper plusieurs disques en un volume unique. D’autres niveaux de RAID répondent à des besoins différents, avec leurs propres compromis.

  • Le RAID 0 privilégie exclusivement la performance. Il répartit les données sur plusieurs disques pour maximiser les vitesses de lecture et d’écriture. En revanche, il n’offre aucune redondance : la défaillance d’un seul disque entraîne la perte de toutes les données. Le RAID 10 offre des performances proches, tout en apportant une sécurité nettement supérieure.

  • Le RAID 1 repose sur la mise en miroir des données. Il garantit une excellente sécurité, mais divise la capacité utile par deux et reste peu flexible en cas d’extension. Le RAID 10 conserve cette sécurité tout en améliorant significativement les performances grâce au striping.

  • Le RAID 5 constitue un compromis entre capacité, performance et sécurité. Il tolère la panne d’un disque et optimise l’espace disque grâce à la parité distribuée. En revanche, les performances en écriture sont plus faibles et la reconstruction après une panne est longue et fortement sollicitante pour l’ensemble de la grappe.

  • Le RAID 6 améliore le RAID 5 en supportant la panne simultanée de deux disques, mais au prix de performances réduites, surtout en écriture à cause du calcul de parité plus complexe. Le RAID 10 reste plus rapide, mais sa tolérance aux pannes dépend des paires : deux disques défaillants dans la même paire entraînent la perte des données.

Voici les principales différences entre les niveaux RAID :

Niveau RAID

Redondance

Espace utilisable

Particularité

RAID 0

Aucune

100 %

Performances maximales, mais aucune tolérance aux pannes

Mise en miroir

50 %

Sécurité élevée des données par duplication

1 disque de parité

env. 67–80 %

Bon compromis entre capacité, performances et sécurité

2 disques de parité

env. 60–75 %

Haute fiabilité, tolère 2 pannes de disques

RAID 10

Miroir + striping

50 %

Excellentes performances et haute disponibilité

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RAID 10 vs RAID 5

Le RAID 10 et le RAID 5 font partie des configurations RAID les plus utilisées, mais ils reposent sur des principes très différents.

Le RAID 5 utilise un système de parité distribuée : des informations de contrôle sont réparties sur l’ensemble des disques. En cas de panne d’un disque, les données manquantes peuvent être recalculées à partir de cette parité.

Avec le RAID 5, un disque peut tomber en panne sans perte de données.

  • En matière de performances, le RAID 10 est généralement supérieur, notamment pour les écritures fréquentes et les charges simultanées élevées. Le RAID 5, quant à lui, doit recalculer la parité à chaque écriture, ce qui pénalise les opérations d’entrée/sortie.

  • En cas de panne, le RAID 10 est aussi plus efficace : la reconstruction ne concerne qu’une paire de disques. En RAID 5, il faut relire et recalculer l’ensemble des données de la grappe, ce qui est plus long et plus risqué.

  • Le RAID 10 offre également une meilleure tolérance aux pannes. Le RAID 5 ne supporte la défaillance que d’un seul disque, tandis que le RAID 10 peut en tolérer plusieurs, à condition qu’ils n’appartiennent pas à la même paire miroir.

  • En revanche, le RAID 5 est plus efficace en termes d’utilisation de l’espace disque. Là où le RAID 10 ne conserve que 50 % de la capacité totale, le RAID 5 optimise mieux le stockage en réduisant la perte de capacité utile.

Le RAID 5 est adapté aux environnements moins critiques, où l’optimisation de la capacité de stockage est prioritaire. À l’inverse, si vous recherchez des performances élevées et une forte disponibilité — notamment pour des applications intensives en accès disque — le RAID 10 constitue généralement le choix le plus pertinent.

Conclusion

Le RAID 10 est une configuration de stockage qui combine le striping et le mirroring. Les données sont à la fois réparties sur plusieurs disques et dupliquées pour assurer la redondance. Le système offre ainsi de bonnes performances en lecture comme en écriture. Il peut continuer à fonctionner en cas de panne d’un ou plusieurs disques, selon leur répartition.

Cette architecture nécessite au minimum quatre disques. Ceux-ci sont organisés en paires miroir, puis regroupés dans une couche de striping. Cette structure permet d’améliorer à la fois la vitesse d’accès et la disponibilité globale du système.

Le RAID 10 est particulièrement adapté aux environnements exigeants comme les bases de données, la virtualisation ou la production multimédia. Il répond aux besoins de forte charge et d’accès simultanés fréquents. En contrepartie, la capacité utile est réduite de moitié et le coût matériel plus élevé.

Si le RAID 10 ne correspond pas à vos besoins, consultez notre guide des niveaux RAID pour comparer les alternatives disponibles.

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Auteur: Simon Stich
Simon Stich travaille en tant que journaliste informatique et développeur web spécialisé dans WordPress. Il a fondé sa propre entreprise en 2009. Après plusieurs étapes en Allemagne et à l'étranger, il vit aujourd'hui en Allemagne.
Vérifié par: Janis von Bleichert
Janis von Bleichert a étudié l'informatique de gestion à l'université technique de Munich et l'informatique à l'université technique de Berlin. Il est indépendant depuis 2006 et a fondé EXPERTE.com. Il écrit sur les thèmes de l'hébergement, des logiciels et de la sécurité informatique.
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